Page d'accueil Dossiers thématiques Le marketing trompeur du SER et ses adhérents

Flash info

L’Assemblée nationale installe une mission d’information sur l’énergie éolienne

En collaboration avec la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a mis en place une mission d’information sur l’énergie éolienne.

Lire la suite...
 
Le président du conseil général du Pas-de-Calais :
« Les éoliennes, ça suffit ! »

Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais, demande un moratoire sur l'éolien industriel qui envahit son département.
Lire la suite...
 

Un Sénateur estime les objectifs éoliens du Grenelle trop ambitieux
Sénateur Poniatowski : "Mon sentiment est que le Grenelle a fixé un objectif trop important à l’éolien. Faire passer le parc français de 2.000 à 8.000 machines, nous n’y parviendrons pas, car les oppositions sur le terrain sont trop fortes"

Lire la suite...
 

Eolien : Des objectifs gouvernementaux illusoires
Un professionnel de l'éolien industriel avoue que le programme éolien du Grenelle n'a pas de sens et que le matériel nécessite de coûteuses maintenances.

Lire la suite...
 
Le marketing trompeur du SER et ses adhérents Imprimer Envoyer

Le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) est en France le principal syndicat professionnel regroupant la majorité des promoteurs éoliens industriels du pays.

Puissante instance de lobbying à tous les niveaux de l'Etat et des Régions, logiquement le SER publie de très nombreux documents visant à "légitimer" un déploiement massif de l'éolien industriel en France.

Ces publications du SER sont ensuite abondamment reprises dans les documents distribués par les promoteurs éoliens aux citoyens français et leurs élus locaux.


Découvrez ici comment le syndicat des vendeurs d'éoliennes manipule fallacieusement les chiffres pour présenter avantageusement leurs machines.


Sommaire :
  1. Donner l'illusion que la production électrique éolienne est à la "hauteur" de la consommation électrique française
  2. Donner l'illusion que l'éolien industriel peut diminuer significativement les émissions françaises de CO2
  3. Colporter le mythe du "foisonnement" qui compense les effets de l'intermittence du vent
  4. Entretenir la confusion entre Taux de charge et Taux de fonctionnement


1. Donner l'illusion que la production électrique éolienne est à la "hauteur" de la consommation électrique française :

 

La production électrique éolienne industrielle est totalement insignifiante par rapport à la consommation électrique française. Pour donner l'illusion que l'éolien industriel est quand même à la hauteur, le SER choisit donc de mettre en avant des courbes de "variations" même si cela n'a aucun sens quand la différence de grandeur d'échelle est abyssale. Mais l'important c'est de faire bonne impression aux "clients" ! :


 

 

Maintenant voici la réalité de la production électrique éolienne par rapport à la consommation électrique française. Edifiant non ? ...mais nettement moins vendeur :


 

 

2. Donner l'illusion que l'éolien industriel peut diminuer significativement les émissions françaises de CO2 :

 

Les travaux du Grennelle de l'Environnement ont opérés une puissante prise de conscience collective concernant le réchauffement climatique et son principal responsable : Les émissions de CO2 issues des activités industrielles, tertiaires et individuelles des citoyens français.

Par ailleurs, l'objectif ratifié à KYOTO est de mettre en place d'ici 2050 tous les moyens nécessaires pour diviser par 4 (-75%) les émissions françaises de Gaz à Effet de Serre dont le CO2 est le principal constitutif.

Devant cette vague commercialement très prometteuse pour les éco-équipementiers, le SER n'a de cesse de "surfer" dessus en tentant de prouver par tous les moyens que l'éolien industriel est LA meilleure Energie Renouvelable pour diminuer les émissions françaises de CO2. Ainsi le SER met en avant une courbe prévisionnelle quasiment exponentielle des émissions françaises de CO2 qui seraient évitées "grâce" à l'éolien industriel. Sans aucune référence de comparaison, tous ces "milions de tonnes" évités sont en effet très impressionnants et doivent convaincre bien des citoyens et élus néophites :



 

Et maintenant voici exactement les mêmes données replacées dans le contexte des émissions françaises de CO2 soulevant au moins deux questions :

  • Au regard des coûts colossaux pour la collectivité et des immenses espaces naturels qui seraient "industrialisés",  l'éolien industriel en vaut-il vraiment la chandelle ? Qui peut encore raisonnablement affirmer que c'est un bon moyen de diminuer les émissions françaises de CO2 ?

  • Selon RTE (Réseaux de Transport de l'Electricité), il est indispensable de conserver une certaine proportion de centrales thermiques émettrices de CO2 pour compenser l'intermittence du vent : A partir de quelle quantité d'éolien industriel faudra-t-il construire des centrales thermiques SUPLEMENTAIRES conduisant inévitablement la production électrique française à émettre globalement plus de CO2 qu'aujourd'hui ???

 

 

 

3. Colporter le mythe du "foisonnement" qui compense les effets de l'intermittence du vent :


Le vent est la "matière première" de l'éolien industriel, il est donc absolument inévitable que l'électricité éolienne en hérite ses "caprices" ou plus prosaïquement son intermittence. La conséquence technique est la nécessité de compenser les à-coups d'électricité éolienne dans le réseau en y injectant instantanément de l'électricité générée par des centrales thermiques émettrices de CO2 qui sont les seules à être assez réactives.

Un paradoxe bien fâcheux pour le SER : L'intermittence de la production électrique éolienne induit des émissions de CO2 pour sa régulation !!!

Alors le SER a inventé le mythe du foisonnement qui sonne comme une sorte de vieil adage facile à retenir par le commun des mortels : "Mettons des éoliennes partout, car il y a toujours du vent quelque part".

Plus précisément, l'idée est que ce foisonnement d'éoliennes + les 3 régimes de vent décorrélés dont bénéficie la France, permettraient aux productions électriques éoliennes de se compenser les unes les autres…

Si cette théorie se vérifiait, logiquement la somme des productions électriques éoliennes françaises devrait présenter une courbe moyenne assez prévisible et ondulant très légèrement. Or voici les graphes en question pour l'année 2008 et pour l'année 2009 (avec encore plus d'éoliennes…). Mais où sont donc les effets lissant du foisonnement ??? :


 





En réalité, il suffit simplement de compléter la Lapalissade du SER pour mieux comprendre l'ensemble du phénomène :

Il y a toujours du vent quelque part… donc il n'y a jamais de vent partout ailleurs !!!

  • Ainsi le foisonnement d'éoliennes n'améliorera jamais les maigres 23% de taux de charge de l'éolien industriel français. On aura beau mettre toutes les éoliennes que l'on veut, en moyenne elles ne produiront jamais plus de l'équivalent de leur puissance nominale multipliée par 23% du temps. Chiffre confirmé chaque année par RTE dans son bilan prévisionnel.
  • Contrainte technologique fondamentale, les productions électriques d'éoliennes éloignées ne peuvent pas se compenser les unes les autres : Rappelons que l'électricité voyage très mal car elle se perd dans le réseau électrique en échauffant les câbles. RTE estime cette perte à près de 7% de la totalité de l'électricité produite !!!. Aussi l'électricité est transportée le moins loin possible et la régulation du réseau par des centrales thermiques est faite le plus localement possible. A ce titre on remarquera que la Loi de programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité (période 2009 – 2020) prévoit la mise en œuvre d'une vingtaine de nouvelles centrales thermiques et qu'EDF est sur les rangs (A lire ici sur son site web : "Les investissements prévus d’ici 2012 représentent 1200 M€. Dans ce contexte très porteur, le Thermique à Flamme d’EDF recherche des femmes et des hommes de talents…")
  • En conséquence, le foisonnement des éoliennes n'empêchera jamais non plus des centrales thermiques de démarrer à chaque trou d'air régional :


 


4. Entretenir la confusion entre Taux de charge et Taux de fonctionnement :


Dès qu'une association locale avertit ses concitoyens que les éoliennes industrielles ont un taux de charge de moins de 25% et que par conséquent elles ne produisent que 5 jours par mois, le promoteur éolien concerné crie au mensonge et assène aussitôt qu'elles fonctionnent 90% du temps. Qui croire ?

En fait les deux camps ont raison car leurs chiffres respectifs ne sont que 2 représentations différentes d'une même réalité : Les installations éoliennes produisent de façon très irrégulière peu d'électricité. En revanche, il est évident que confirmer qu'une éolienne industrielle ne "produit" sa puissance nominale que moins de 25% du temps est beaucoup mois vendeur qu'affirmer qu'elle "fonctionne" 90% du temps…

  • 90% correspond au Taux de fonctionnement et signifie que les éoliennes industrielles fonctionnent à peu près tout le temps, mais produisent plus ou moins d'électricité (entre 0 et la puissance nominale de l'éolienne) en fonction de la variation du vent :


  • 23% correspond au Taux de charge moyen en France et signifie, qu'en cumulé, les éoliennes industrielles ne peuvent produire au maximum que l'équivalent de leur puissance nominale pendant seulement environ 5 jours par mois :